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Au nom du droit international humanitaire

LE MONDE | 27.07.01 | 11h13

 

 


Samiha Abbas Hijazi a perdu sa fille, son gendre, la belle- mère de sa fille et d'autres proches; Abdel Nasser Alameh a perdu son frère, qui avait dix-neuf ans au moment des faits ; Ouadha Hassan El Sabecq a perdu deux fils âgés de 16 et 19 ans, un frère et environ quinze parents ; Mahmoud Younes a perdu son père, trois frères, son oncle maternel, son cousin maternel, deux cousines paternelles et d'autres membres de sa famille ; Souad Srour Meri a perdu son père, trois frères et deux sœurs; Adnan Ali Mekdad a perdu son père, sa mère, et plus de quarante membres de sa famille…

Vingt-deux survivants du massacre commis dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, en septembre 1982, ont consigné leurs récits des faits dans la plainte déposée en Belgique pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Un vingt-troisième, Akram Ahmad Hussein, qui ne résidait pas dans les camps, s'est joint à eux au nom des huit membres de sa famille assassinés : sa mère, cinq frères et deux sœurs. Six témoins ont apporté leur propre version des faits.

La plainte, première action en justice des survivants du drame, a été introduite "conformément à la loi du 16 juin 1993 (modifiée par la loi du 10 février 1999) relative à la répression des violations graves du droit international humanitaire du chef de: actes de génocide (…), crimes contre l'humanité (…), crimes portant atteinte aux personnes et aux biens protégés par les conventions de Genève du 12 août 1949". Elle est également fondée sur "le droit coutumier international et sur le ius cogens (norme indérogeable du droit international contraignante pour tous) par rapport aux mêmes crimes".

D'APRÈS LES MÉMOIRES DE SHARON

Outre les récits des plaignants, elle consigne également les témoignages recueillis à chaud par des journalistes, des observateurs et des médecins, ainsi qu'à de nombreux documents et ouvrages qui ont traité du sujet. Le massacre a, en effet, fait couler beaucoup d'encre et a été l'objet de plusieurs enquêtes. Les plaignants se réfèrent abondamment à trois d'entre elles, conduites pratiquement immédiatement après les faits : l'une a été menée en Israël par la commission Kahane, du nom du président de la Cour suprême, Itzhak Kahane, qui la dirigeait ; une deuxième a été conduite par la Commission nordique, et la troisième par la commission internationale d'enquête présidée par Sean Mc Bride (Prix Nobel de la paix en 1974). Les Mémoires du général Ariel Sharon, alors ministre de la défense d'Israël, aujourd'hui premier ministre, sont également pris pour référence.

Seuls Ariel Sharon et Amos Yaron, commandant de division et général de brigade au moment des faits, aujourd'hui secrétaire général du ministère de la défense, sont nominalement désignés, sans exclusion toutefois de tout autre Israélien ou Libanais dont la responsabilité serait établie. Les plaignants considèrent que les milices phalangistes pouvaient être considérées comme des "forces auxiliaires de la puissance militaire qui occupait à cemoment-là le sud du Liban et Beyrouth". Leurs dirigeants "ne pouvaient prendre aucune initiative qui allait à l'encontre de la force occupante", qui assume la "responsabilité du supérieur".

M. Na.

 

 

 

 

 

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